La murder-party dans un univers connu : avantages, risques et impondérables

Dummy réflexion

« J’ai l’impression d’avoir déjà vu/lu/entendu ça quelque part… » « T’as beau dire, ça me rappelle quelque chose ! » Vous vous êtes déjà dit ça ? Peut-être n’est-ce pas une coïncidence…

Votre murder est issue d’un univers déjà existant !

Les murder-parties, c’est bien. On est d’accord. Et reconnaître des détails, des clins d’œil d’une oeuvre qu’on apprécie, c’est juste génial. Mais trop s’inspirer d’un univers n’est pas une bonne chose. Entre avantages et risques, il faut trouver le juste équilibre !

Les avantages

Dans certains cas, la référence est clairement établie et le joueur se retrouve plongé dans un univers qu’il connaît et apprécie. Si ce n’est pas le cas, qu’il ne l’apprécie pas, ce n’est plus de mon ressort…

Pour les débutants, incarner un personnage pour la première fois peut être plus rassurant si l’univers est connu de lui. Une initiation en douceur au GN en somme. Il pourra davantage se concentrer sur son roleplay plutôt que sur les incompréhensions que pourrait engendrer un univers inconnu. Et ce point est valable pour tous les joueurs : on se concentre mieux si on ne s’interroge pas toutes les cinq minutes sur des détails de background.

La majeure partie de vos joueurs choisiront de s’inscrire à votre murder-party si celle-ci se déroule dans un univers qu’ils apprécient. Sans doute le secret espoir d’incarner leur personnage favori, qui sait… Généralement, de tels protagonistes sont simplement évoqués dans le background général ou incarnés par des PNJ. Bon, dans certaines d’entre elles, on incarne les personnages. Tout est possible de toute manière !

Et puis c’est aussi l’occasion de prolonger un peu la légende… Avouez-le, vous avez déjà rêvé de faire un petit tour à Poudlard, dans la Comté (je ne parle pas des Terres du Milieu, trop dangereux) ou dans l’un des vaisseaux de Star Wars. C’est possible en GN ! Raison de plus pour en faire !

Attention…

Un univers connu de tous peut également s’avérer risqué pour le bon déroulement de la partie. Et ce pour plusieurs raisons.

Le risque principal est justement de ne pas suffisamment s’affranchir de l’intrigue proposée dans l’oeuvre d’origine et de proposer aux joueurs une simple copie carbone. Et vous comprenez bien que ça pose deux problèmes d’importance :

  • les joueurs sauront à quoi s’attendre question dénouement et votre murder-party tombera à l’eau
  • cela témoigne d’un manque d’investissement certain (pour ne pas être plus brutale) de la part des organisateurs accompagnée d’une perte de crédibilité. Et ça, c’est important mine de rien.

L’idée lorsqu’on reprend un univers est de garder le cadre mais en proposant quelque chose de nouveau. Comme si une nouvelle aventure se préparait dans les vertes prairies de la Comté (oui, je suis fan de Tolkien, non ce n’est pas sponsorisé). Cela crée une fraîcheur dans votre partie et celle-ci ne s’en portera que mieux.

 

Les impondérables

Même si les organisateurs ont trouvé l’alchimie parfaite dans la conception de leur murder-party, il y aura toujours des petits malins pour reprendre le comportement, les traits de caractère de leur(s) personnage(s) favori(s) ou de glisser quelques citations de l’oeuvre.

Que voulez-vous, c’est la vie !

3 questions à…

Rémi et Maxime qui ont adapté le film Reservoir Dogs de Tarantino en murder-party. Merci les gars !

1#Comment adapter un film en murder party ?

La plupart du temps,  tu n’adaptes pas vraiment un film, tu utilises plutôt un univers ou une ambiance…  En général quand tu pars vraiment d’un film, c’est plutôt pour faire un « What if… » (Qu’est-ce qui se serait passé si …) sur le principe du multivers. Réservoir Dogs est un cas un peu particulier. Nous sommes partis d’une V1 qui reprenait très (trop) le film. La V2 comporte des modifications qui brouillent les cartes et donc permettent à ceux qui ont vu le film de pouvoir la jouer. C’est une douce alchimie de partir d’une œuvre et d’en faire un format jouable… sans spoiler d’un côté ni rendre prévisible le jeu de l’autre côté… On triture (le scénario), on modifie complètement les personnages, on échange des éléments, on en rajoute etc…
Enfin, on met en place une fin de jeu qui varie en fonction des choix des personnages afin d’améliorer l’immersion.

2#Pourquoi une inspiration et non pas une création « originale » ?

Maxime : « Il n’y a pas vraiment de création originale au sens strict du terme, on est toujours inspiré par quelque chose d’existant que l’on modèle, modifie, mélange avec autre chose… L’avantage de l’inspiration de grands noms du jdr ou du cinéma, c’est que cela parle aux gens qui pourront alors se renseigner sur le sujet pour les costumes, le visuel, l’ambiance… »
Rémi : « Parce qu’autant il est très cool de créer un univers mais que, d’un autre côté, certain(e)s univers/ambiances de certaines œuvres sont juste magistrales. Aussi parce que partir d’une œuvre (et le revendiquer comme tel) permet de faire adhérer rapidement les joueurs. Si tu fais un GN Donjons de Naheulbeuk ou un GN Game of Thrones, tu sais d’office à quoi t’attendre… Si par contre, l’univers est créé de toute pièce et que le nom du GN ne te dis rien, alors le pari de l’Organisateur est plus audacieux. L’Orga doit alors suffisamment BIEN communiquer sur son GN pour que les PJs savent à quoi s’attendre et adhèrent à certaines lignes directrices. Pour Reservoir Dogs, les joueurs savent qu’ils entrent dans l’univers de Tarantino, et ils joueront leurs personnages comme tel. C’est donc aussi cela qui rend la murder si fun ingame.

3# Comment pensez-vous faire évoluer votre murder Reservoir dogs ?

Maxime : « Sur le fond elle tourne très bien depuis la version 2 effectué par Rémi, je ne vois plus de grand changement à y apporter hormis au niveau de l’organisation …. Je songe voir pour créer un système de ‘tournante’ (pas X of course ^^) pour attribuer les couleurs aux rôles et éventuellement changer le blessé, pour que cela ne soit pas toujours le même qui se fasse tirer dessus, mais il faut trouver un pendant en conséquence.
On peut aussi ajouter de nouvelles options, de nouveaux items, offrant de nouvelles possibilités dans les hangars ou dans le quartier … Le tout est d’essayer de rester dans le format actuel de 3-4h, sinon on peut en effet la rallonger mais il faut la modifier pour que l’on est pas de blanc. »
Rémi :  » Oui, améliorer les zones hors-jeu, ajouter des objets et des sources d’informations complémentaires (sur la police, la mafia, Joe…). Changer le blessé (why not), mais effectivement ça demande à retoucher la mise en scène globale sans faire de râté scénaristique. »

En espérant que ce témoignage vous aura donné un petit aperçu de ce qui peut bien se passer dans la tête des organisateurs lorsqu’ils décident de s’inspirer de quelque chose de pré-existant !

Une réponse à “La murder-party dans un univers connu : avantages, risques et impondérables”

  1. Rétroliens : Une murder-party dans un univers inconnuBoîte à GN

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